En savoir plus sur l'autisme ...

 

d'après une formation 2005 faite par Jessica Alberti, psychologue à Autisme Rhône-Ain

 

Qu’est-ce que l’autisme ?

L'autisme n'est ni une maladie mentale, ni un problème psychologique.

Reconnaître l’autisme comme un handicap, c’est tout simplement respecter les personnes autistes.

L’autisme se caractérise par une triade de symptômes :

 A ces signes principaux s’ajoutent la plupart du temps divers signes associés tels que :

L’expression et la sévérité des signes comportementaux peuvent être très variables en fonction des enfants. C’est pourquoi pour englober tous les cas on parle de spectre autistique.

L’autisme fait partie du grand groupe des Troubles Envahissants du Développement (TED).

Quelques chiffres

Les dernières recherches donnent :

On note aussi la présence d’un sexe ratio assez important : il y a 4 garçons atteints pour une fille. C’est une donnée qui est en faveur d’une piste génétique quant à l’origine de l’autisme.

Origines de l’autisme

 A l’heure actuelle on ne connaît pas l’origine ni la cause de l’autisme et il n’y apparemment pas une cause unique à ce trouble. Désormais les pistes génétiques et organiques sont privilégiées.

 

Difficultés socio-cognitives des enfants atteints de TED

Les personnes autistes : un style cognitif particulier - un mode d’apprentissage particulier

Nous apprenons au contact de notre environnement social. On voit donc déjà apparaître la difficulté pour les jeunes autistes,  le domaine social étant sévèrement touché dans l’autisme.

Cécité sociale et manque de théorie de l’esprit

La théorie de l’esprit c’est notre capacité innée à attribuer des états mentaux à autrui. Cette capacité nous permet de donner du sens aux actions d’autrui, de repérer les intentions sous-jacentes des partenaires sociaux.

C’est par ce mécanisme que l’on peut comprendre l’ironie, l’humour, le sarcasme, le mensonge, la tromperie, l’amour…

Chez les enfants autistes cette capacité est très largement sous-développée ce qui entraîne une incapacité à décoder les intentions, les émotions sous-jacentes des personnes qui les entourent.

On dit que les personnes autistes sont aveugles du point de vue social.

Problèmes de communication : sens figuré et sens littéral, l’interprétation littérale

 Bien souvent les enfants autistes ne comprennent pas le sens figuré et prennent toutes nos expressions au sens littéral, au pied de la lettre. Il est donc très important de faire attention aux expressions qu’on utilise quand on leur parle et quand on leur donne des consignes.

Autisme et intégration

Le but général est d'apporter à chaque personne autiste un bagage  lui permettant de participer au maximum de ses capacités, mais aussi de ses besoins, à la vie du monde qui l'entoure. Il est nécessaire d’individualiser au maximum les moyens et les méthodes de prise en charge.

Il existe des différences importantes entre les personnes autistes, il est donc  impossible d’envisager un programme éducatif universel fonctionnant avec toutes ces personnes.

Il y a cependant  des problématiques et des solutions communes.

Éducation structurée

 Les personnes avec autisme ont des difficultés à organiser l'information, et ont du mal à traiter l'information verbale. En contrepartie, leurs points forts sont l'intégration de l'information visuelle, et la mémorisation parfois extrêmement précise d'informations correspondant à leurs centres d'intérêt. Compte tenu de ces particularités et des difficultés de compréhension de l'environnement, les systèmes d'aide visuelle sont beaucoup utilisés car ils permettent d'adapter le milieu en le rendant plus lisible.

Une éducation spécifique et un environnement structuré permettent d'optimiser les compétences des jeunes autistes et d'atteindre leur plein potentiel. Les effets de la structuration de l'environnement sur l'apprentissage et l'adaptation des personnes autistes sont maintenant bien connus. D’autre part, il est préconisé dans ce modèle de mettre en place une structuration de l’espace et du temps (création d’emploi du temps), permettant à l’enfant de repérer les lieux et le déroulement des activités éducatives, mais aussi récréatives.

L’organisation spatio-temporelle permet donc un aménagement de l’environnement dans le but d’améliorer les comportements sociaux et la communication des enfants atteints de TED.

L'approche est positive et vise la valorisation des potentialités mais avec l'acceptation des déficits.

Les points forts et les capacités en émergence sont les premiers centres d'intérêt car ils permettent de renforcer plus facilement l'enfant mis en situation de réussite. (Le concept d’émergences correspond  aux capacités qui sont en cours d’acquisition : pour les réussir totalement l’enfant a besoin d’une démonstration et/ou d’une guidance, d’un accompagnement verbal ou gestuel).

Les renforcements positifs (félicitation, bravo, encouragement, sourire, petite récompense...) soutiennent  les comportements adaptés.

Les « mauvais comportements » sont ignorés ou corrigés de façon neutre (NON, STOP, « je ne suis pas d’accord »…).

Le respect du fonctionnement et du  rythme de l’enfant

Il nous faut travailler à être cohérent et prévisible quand on travaille avec ces personnes.  Cependant, pour éviter de trop rigidifier un comportement déjà très rigide on essaiera après un certain temps d’introduire au fur et à mesure quelques tous petits changements : un à la fois.

Il est toujours nécessaire pour respecter l’enfant de se mettre à sa place et de se poser les questions qu’il se pose à savoir :

il est nécessaire de se poser ces questions, afin

L’adulte pourra passer ainsi plus de temps à accompagner l’enfant dans ses apprentissages qu’à réguler ses comportements à problèmes.

Respecter l’enfant et son rythme c’est aussi accepter, à certains  moments, de suivre « son » programme à lui.

Comment réagirait-on si tout au long de la journée quelqu’un nous disait « fais ceci, fais cela…. » ? Les enfants autistes ne sont pas obligés à tout moment et tout le temps de perdre le contrôle de leurs activités. En leur donnant l’occasion de choisir ce qu’ils veulent ou ne veulent pas faire, on réduira encore une fois l’anxiété et on leur redonnera confiance en eux.

Il faut aussi avoir une certaine souplesse, une flexibilité de fonctionnement.

Par exemple si un enfant a réalisé une activité très contraignante pour lui (activités de groupe…) on lui proposera une activité plaisante pour lui (jeu seul dehors…)  de manière à  tenter au maximum de créer un équilibre sur le temps d’intégration.

Les difficultés cognitives et  problèmes de régulation

 Il faut réguler les comportements qui interviennent en cours d’activité :

Pendant un premier temps il sera nécessaire de procéder à une phase d’observation de l’enfant, pour noter quels types de perturbations surviennent et à quel moment de l’activité ces perturbations interviennent (en début, pendant, en maintien ou en fin d’activité).

Quel type d’aide ?

Le type d’intervention dépend du profil de l’enfant. On peut avoir :

Les problèmes de communication

Pour une assez grande proportion d’enfants (environ 50%),  le niveau verbal est mauvais voire inexistant. Comment faire alors pour l’aider dans ses apprentissages, qu’ils soient cognitifs ou sociaux ?

Il va falloir se mettre à sa portée et essayer de lui faire pratiquer des apprentissages en communiquant avec lui à son niveau, au besoin en utilisant, au moins comme relais, des moyens de communications alternatifs à la parole : des systèmes de communication visuelle. Les systèmes de communication par les images (ou par les photos, ou encore par le langage écrit) offrent de très bonnes chances d’intégration parce qu’ils sont compris de tout le monde.

Dans cette perspective de communication, ce système fait en sorte que les enfants apprennent rapidement à approcher les autres pour amorcer l'interaction par eux-mêmes. En effet le principe de base de cette communication alternative est un échange : l’enfant donne une image et l’adulte donne ce qui est représenté sur celle-ci.

Comme pour l’éducation structurée, il est nécessaire d’individualiser au maximum ce système, on choisira donc les pictogrammes les plus appropriés à l’enfant.

Il est important de garder à l’esprit que même si un important pourcentage d’enfants autistes ne communique pas clairement de façon verbale, cela ne témoigne pas pour autant d’une faible intelligence. Ce mutisme traduit plutôt leurs dysfonctionnements typiques par rapport à la communication et à la socialisation.

L’expérience nous montre que dès qu’on donne à un enfant autiste des moyens de communication, il les utilise pour communiquer. Ce qui a pour effet direct, nous allons le voir, de faire diminuer de façon significative l’apparition de troubles du comportement.

 

Les troubles du comportement

La prise en charge des troubles du comportement doit partir d'une meilleure compréhension de l'autisme, des difficultés de communication qu'il entraîne, ainsi que des problèmes sensoriels qui lui sont souvent associés.

Il faut essayer de déterminer la ou les causes des troubles du comportement.

Ces causes peuvent être : 

Que faire quand une crise se déclenche ?

Deux écueils sont à éviter :

Une bonne façon de prévenir les troubles du comportement est de faire une liste des signes extérieurs de tension (jurons, gestes de défi..), de repérer les situations où ces troubles se déclenchent (situations inconnues, transitions…) et d’établir en parallèle une autre liste des méthodes destinées à réduire le stress. Il est aussi utile de fournir à l’enfant des moments de calme dans un endroit isolé. Pour éviter l’apparition de trouble du comportement durant les moments de transition et les changements de programmes, qui sont des situations très propices à l’apparition de ces troubles, il est fortement recommandé de les anticiper et d’y préparer l’enfant :

Deux attitudes pourront être adoptées en fonction de l’intensité des troubles :

Les problèmes de motivation

Quand une personne autiste ne fait pas ce qu'on attend d'elle, avant de dire qu'elle ne veut pas ou qu'elle met de la mauvaise volonté, il faut toujours se demander :

Après s'être assuré :

et seulement après cela, on peut déduire que la personne autiste ne veut pas. Il convient alors d'essayer de comprendre pourquoi.

Il y a assez souvent une explication relativement simple et concrète : par exemple, de la gêne ou de la douleur provoquée par ce que nous attendons de la personne, ou le souvenir d'une gêne ou douleur lors d'une expérience similaire.

A ce niveau, connaissant la raison du refus, on pourra, en fonction de l'importance de l'action attendue, soit accepter ce refus comme une attitude légitime, soit essayer de faire comprendre l'importance de notre attente et essayer de motiver la personne autiste à la satisfaire.

Or si nous pensons que cette personne ne veut pas faire ce qu'on attend d'elle, nous allons insister directement, sans nous rendre compte de l'inutilité de notre démarche puisque la personne ne comprend pas, tout au moins tant que nous continuons à employer le même langage ou que nous n'essayons pas de nous assurer de sa capacité à accomplir ce que nous attendons d'elle.

Une telle attitude conduit presque obligatoirement à une crise ou à un repli encore plus profond.

En conclusion

Liens

sur le PECS

sur l'autisme 

sur l'éducation structurée

sur les pictogrammes

Bibliographie